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TOGO-PRÉSIDENTIELLE: Candidature d’Agbéyomé Kodjo, un mal nécessaire?

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(ASPAMNEWS)- Depuis que le choix est porté par le prélat Mgr Kpodzro sur l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, pour être le candidat de l’opposition, une vague de réactions hostiles au candidat a inondé la toile. Certains articles sont acerbes contre le candidat choisi, d’autres sont allés loin dans le passé trouble du monsieur. Quelques voix et articles ont pourtant accordé un bénéfice de doute à l’ancien serviteur et versatile candidat choisi Agbéyomé Kodjo. Mais avec du recul et avec tout son baguage politique n’est-il pas un candidat sur qui on peut porter tout espoir? n’est-il pas un mal nécessaire?

Il est vrai Agbéyomé Kodjo a servi le père pendant plusieurs années et a posé des actes jugés, selon les uns et les autres, répréhensibles. Des actes jugés impopulaires et gravissimes. Pourtant, c’est ce même monsieur qui à un moment donné était considéré comme le dauphin de feu Eyadéma, a claqué la porte et exilé hors du Togo pour quelques années.

Son retour au pays est semé d’embûches occasionnant son emprisonnement. Devenu opposant au régime du père au fils, Agbéyomé Kodjo est resté égal à lui-même. Il est resté toujours versatile dans ses prises de position et propos. D’ailleurs, il a oscillé comme un spot indiquant le niveau de température à chaque heure et moment de la journée. Du Collectif Sauvons le Togo en passant par la coalition Arc-en-ciel, le monsieur n’a semé que le doute comme admiration à lui donné.

La présidentielle de 2020 est à nos portes. Et, le prélat dans toutes les tractations pour unir l’opposition, pour une alternance réelle, a choisi Agbéyomé Kodjo. Cela n’est pas du goût des uns et des autres. Bien que le processus de désignation de ce candidat unique s’est avéré une rude épreuve, celui-ci est remis en cause et ne cesse d’essuyer des critiques de la part de certains militants de parti politique d’opposition.

Certains responsables de partis politiques n’ont pas tardé de réagir. Pour maître Tchassona,  le Togo se retrouve avec le choix d’Agbéyomé Kodjo, dans une démarche de solution par l’absurde. L’ANC a été clair et a déclaré par un communiqué qu’elle ne soutiendra pas un autre candidat que son candidat. Les réactions contre ce choix continuent.

“Mais à voir de près, le choix d’Agbéyomé n’est pas aussi mauvais que ça”, selon un observateur de la vie politique togolaise. Selon lui, Agbéyomé est un mal nécessaire. “Le monsieur connait mieux que quiconque les règles, méthodes et manières de ceux qui sont en face. Lui-même il a réagi comme ça quand il était avec eux. Donc, donnons-lui le bénéfice du doute.”, a-t-il déclaré.

Et c’est comme si Agbéyomé a pris l’ampleur de la situation. Il pense ratisser large pour donner une chance à l’alternance. Et selon ses dires, le président de l’ANC est incontournable pour l’alternance.

Le candidat Kodjo a d’abord voulu jouer la carte de l’humilité au cours d’une émission. “Je ne prétends pas avoir plus d’intelligence que les autres mais je suis mieux outillé qu’eux parce que je connais bien les rouages du pouvoir et de l’opposition”, a-t-il déclaré. Une manière pour lui d’éteindre la vive polémique suscitée par sa désignation comme candidat commun de l’opposition. “Jean-Pierre Fabre est incontournable dans toute démarche visant à l’alternance au Togo”, a confié M. Kodjo confirmant ainsi les informations selon lesquelles il penserait à prendre attache avec celui qui a totalisé plus de 30% des voix lors des deux dernières élections présidentielles, afin de donner une chance à l’alternance cette année.

Et quand on lui demande s’il a des chances de l’emporter si éventuellement Faure Gnassingbé se représentait, Agbéyomé Kodjo pense que le président togolais “ne peut pas s’isoler au niveau de la sous-région ouest-africaine”. “Même s’il y va, Faure Gnassingbé aura un handicap sérieux : la communauté internationale ne sera pas d’accord pour que le Togo continue d’être une exception en Afrique de l’ouest en 2020”, a-t-il expliqué citant l’exemple de Paul Kagame, Alassane Ouattara, Pierre Nkurunziza qui renoncent à briguer un nouveau mandat.

Agbéyomé Kodjo promet que “la victoire du peuple togolais est acquise en 2020”. Pour cela, il compte beaucoup sur la foi (parce que désigné par un évêque) et la mobilisation des populations.

Même si le soutien de Jean-Pierre, candidat au scrutin du 22 février, à Agbéyomé Kodjo n’est pas envisageable, ce clin d’œil du candidat du MPDD est un signal fort pour le jeu des alliances au second tour. Agbéyomé est donc un mal nécessaire. (NKA/2020)

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