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TOGO/POLITIQUE: Faure Gnassingbé, un président drôlement atypique

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Qu’on le veuille ou non, Faure Gnassingbé est un homme particulier, dans ses faits et propos. Il suffit juste de jeter un coup d’œil derrière, pour voir comment l’homme est arrivé au pouvoir et de comment il régente le pays « Togo », jusqu’à cette année 2017, pour s’en rendre compte.

Le monde entier en particulier, les Togolais ont vécu la mort dans l’âme, sa venue au pouvoir en 2005, après la mort de son papa. Violences inouïes, des tueries, des arrestations, lui ont balisé le chemin pour qu’il s’installe « durablement ».

Au fil des années, Faure Gnassingbé, chancelant en 2005, ou d’aucuns l’attribuaient le nom de « marionnette » et d’autres de « brebis », est devenu un « lion féroce ». Pour preuve, il dirige aujourd’hui un pays avec une facilité déconcertante, sans résistance, aucune. Pour dire, il déroule, presque en roue libre.

Et à l’allure où vont les choses, la Présidentielle de 2020 lui tend largement les bras. Il ne peut faire qu’à sa tête, car il a le soutien indéfectible de l’armée. Même pour les vœux de fin d’année, il a fallu que les hommes des médias commencent à fustiger son silence pour qu’il fasse enfin un discours sans repère pour le pays, le 06 janvier 2017.

Pour certains Togolais, le discours du président de la République est creux et dénudé de tout sens. « Il n’a plus rien a proposé à ce peuple privé de tout. C’est tout simplement triste. J’ai juste l’impression que le monsieur s’est senti obligé de dire quelque chose », a expliqué un concitoyen.

Pour d’autres, le discours du président n’a pris en compte dans son discours des domaines en plein remous comme l’éducation et santé.

« Si après 50 ans de règne on se dirige vers une gestion contractuelle de nos services sanitaires publiques c’est très grave. Ce qui sous attend que le malade lambda qui n’a pas d’argent pour se faire soigner aura toutes les difficultés du monde. Où est alors la notion de service publique ? », s’interroge un autre.

L’UFC et certains petits partis politiques obligés de se rallier à « UNIR/RPT »
Déjà en mai 2010, l’Union des forces de changement (UFC), n’a pas longtemps attendu pour se rallier au « diable RPT ».

Un copinage qui a régenté le pays, créant des nouveaux riches. Gilchrist Olympio, n’en demande pas mieux. Et Faure Gnassingbé, bien que silencieux, parle beaucoup. Il est intelligent et malin. Il sait quand il faut tempérer ou mélanger les choses, pour que ses détracteurs, y compris les hommes des médias se rallient à lui.

Les premières conséquences des agissements savamment orchestrés face à ses alliés ont débouché sur l’éclatement de l’UFC avec la création de l’ANC, un autre parti politique sans repère. Du collectif sauvons le Togo, passant par CAP 2015, certains partis politiques de l’opposition ont quitté ces regroupements pour se rallier, d’une manière ou d’une autre au parti au pouvoir.

Une opposition aphone et sans repère

Mais le plus étonnant dans tout, c’est l’attitude de l’opposition togolaise. Jamais dans l’histoire politique de ce pays, un président de la République n’a eu autant de coudées franches pour diriger le Togo.

Même du temps de la dictature, son père, feu Gnassingbé Eyadema ne pouvait se permettre de dormir aussi tranquillement.

Les partis politiques de l’opposition, n’ont aucun repère. S’ils ne se cachent derrière une déclaration, ils restent muets face à la situation toujours pénible pour les populations.

Depuis 2010, le Togo a commencé par émettre des signes de son malaise politique. Plus de cinq ans après, la situation va de mal en pis. Des manœuvres ont été mises en place pour mettre à mal des partis politiques de l’opposition.

Tout se déroule devant un silence notoire de l’Eglise, des défenseurs des droits de l’homme, des responsables politiques se réclamant de l’opposition et ceux de la société civile.

Certaines organisations de la société civile semblent des fois réagir en menant des actions mais, force est de constater qu’elles ne font pas long feu. D’autres encore réagissent pour bénéficier des monnaies trébuchantes et sonnantes ; l’intérêt de la Nation, ils s’en foutent.

Vu la situation délétère que vit le pays, l’on se rend compte qu’il serait un leurre de faire croire que tout va pour le mieux sur la terre de nos aïeux. Et, le président drôlement atypique, Faure Gnassingbé joue sa comédie. Les partis de l’opposition amorphes regardent faire et la société civile se cherche. Sacré Togo ! (SPM/2016)

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