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TOGO-PRÉSIDENTIELLE : Les togolais aux urnes pour une présidentielle à haut risque et de suspense

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(ASPAMNEWS) – Les Togolais, environ quelques 3,6 millions d’électeurs, votent ce samedi pour élire le président de République. Une présidentielle à haut risque et de suspense.

D’abord, le président sortant qui a déjà brigué trois mandats, se positionne pour un quatrième, sans pour autant rassurer son peuple. Bref, son bilan parle peu, 15 ans après avoir pris le pouvoir avec l’aide des militaires.

Ensuite, il a en face de lui, une opposition chancelante, désorganisée, ce qui du coup démotive les militants. Mais le hic, c’est que les responsables, pour ne pas dire, les membres du systèmes, ont mis des stratégies de fraudes, propre au système, pour que le résultat soit en faveur de leur candidat au pouvoir.

Dès l’ouverture des bureaux de vote, des voix ont commencé à s’élever à Gboto, dans la préfecture de Yoto et à Kougnowou dans la préfecture d’Akébou dans la région des plateaux, que des urnes sont bourrées et que les délégués des représentants des partis de l’opposition, sont chassés des bureaux de vote.

Pourtant à Lomé, la capitale, le vote se poursuit normalement et sans contrainte. Les populations sont massivement sorties. « C’est l’élection présidentielle et c’est important. Je dois voter pour que ça change dans notre pays. On souffre trop », a déclaré un jeune homme, après avoir fini de voter à l’école primaire de Gakli à Ddjidjolé, un quartier de la ville de Lomé.

Le vote se poursuit, pour la chef de la mission d’observation de la CEN SAD, Mme Ba Diye, tout se passe bien pour le moment. « Nous sommes là depuis quelques jours déjà, nous avons pu observer la fin de la campagne et voir aussi le déploiement du matériel sur le terrain par la CENI et du personnel, et depuis ce matin, on est sur le terrain. En tout cas, au point où nous en sommes, tout ce que nous avons vu pour le moment, tout se passe dans le calme », a-t-elle déclaré. 

Le candidat Jean-Pierre Fabre, après avoir voté, a déclaré qu’il faut que les choses se déroulent dans la transparence pour préserver le calme dans le pays. « On verra bien, le vote vient de commencer. Nous avons des délégués dans tous les bureaux de vote », a indiqué Jean-Pierre Fabre.

Déjà, à l’en croire, des informations qui font état de fraudes dans certains centres de vote lui parviennent, mais restent à vérifier. « J’apprends ces informations. Mais je dois les vérifier à travers mes délégués dans les bureaux de vote. Maintenant que j’ai fini de voter, on va se retrouver à notre état-major pour vérifier ces informations », a-t-il souligné.

Pour la crédibilité de cette élection, il pense que le gouvernement togolais a ignoré les étapes devant permettre sa transparence. « Nous avons posé des revendications que le gouvernement a balayé du revers de main. Il y a notamment l’authentification des bulletins de vote, la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, bref, toute une série de revendications qui, en principe, devraient concourir à la transparence du scrutin. Tout ça a été refusé. C’est de nature à nous rendre très suspicieux », a-t-il dit. 

Le candidat du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), Prof Komi Wolou après avoir accompli son devoir civique ce matin au lycée de Klikamé, a déclaré que le processus doit aller à son terme dans la certitude. « J’ai fait une campagne comme il se doit. J’ai un projet de société pertinent. Je suis donc dans l’attente de la réaction du peuple qui doit être en ma faveur. J’ai voté, espérant que le processus va se poursuivre dans la transparence et que tous les acteurs vont y contribuer de façon honnête, parce que c’est de cela qu’il s’agit maintenant », a déclaré Prof Komi Wolou.

Cette élection présidentielle qui se déroule ce jour, a-t-il poursuivi, c’est l’histoire du peuple togolais dans son ensemble qui s’écrit. Il n’a pas de doute que ce soit lui qui sera proclamé vainqueur de cette élection.

« Parce que c’est la seule alternative qui me permette de réaliser mon projet de société qui peut sortir notre pays de la profonde crise que nous connaissons, une crise interminable », a-t-il indiqué.

Rappelons que Faure Gnassingbé, dont la famille est à la tête de ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis 53 ans, ne devrait pas rencontrer d’obstacle majeur à sa réélection, après avoir déjà remporté trois scrutins contestés par l’opposition et la société civile, en 2005, 2010 et 2015.

Il affronte six autres candidats, dont le leader historique de l’opposition Jean-Pierre Fabre, de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, qui pourrait faire figure d’outsider malgré son profil d’homme du sérail. (SPM/2020)

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